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PLAGES du NORD

A marée basse, les plages du Nord sont d’immenses étendues de sable fin. Elles juxtaposent des surfaces sablonneuses, des bandes d’océan à des ciels changeants, traversés de nuages et percés d’azur. Ce sont des plages de contraste : le scintillant et le lumineux se mêlent à l’obscure et au ternes grisailles d’un deuil inattendu. Plages immenses sur lesquelles s’éparpillent une population familiale, adolescente, joueuse et populaire. Il y fait bon faire des châteaux de sable, s’y allonger, déguster une glace italienne… Une forme de bien vivre, de simplicité répond à l’épure des lignes d’horizon.

Les plages du Nord sont bordées de dunes accessibles ou protégées et raison de la flore et de la faune qu’elles recèlent. Les plages du Nord sont une constante invitation au tourisme, à l’oubli du travail, des villes et du temps cadencé par de multiples contraintes.

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Ces plages déroulent leur langue de sable à l’infini et se moque des frontières. Le passage de la France à la Belgique défie les géomètres et cartographes. Nous sommes sur les rivages de la péninsule européenne. L’espace forme un grand tout, un ensemble cohérent. Au loin une arche monumentale abrite la statue géante de Léopold Ier. C’est bien la Belgique. La frontière est franchie et l’homme a du ériger un monument à la gloire de sa son passé, de sa nation, pour marquer son territoire national.

Les restaurants en bordure d’océan offrent des plats de circonstance : fruits de mer et poissons. La farniente enveloppe les corps et les esprits. Le bout des lèvres trempés dans un apéritif glacé, le touriste s’abandonne à la quiétude d’une journée ensoleillée. Nous sommes loin et près de chez nous. C’est le miracle du Nord-Pas-de-Calais : offrir un tel dépaysement en si peu de distance.

Bonne visite de ces plages superbes ! Les photos du diaporama ont été prises à Boulogne-sur-Mer, Dunkerque, Wimereux, Bray-les-Dunes, Le Panne et Ostende.

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Fleurs des Prés

Petite expo pour mettre en valeur de toutes petites fleurs jaillissant des herbes d’un petit pré… Elles sont comme des tâches de couleurs tombées ça et la. Leur forme est un échos aux rosaces des cathédrales. Nul doute que la nature a inspiré les architectes. Bref, vive la couleur !

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CHRISTOPHE, shooting en live

ChristAChristophe est un artiste dont tout le monde a plus ou moins entendu le nom et quelques refrains. Pour la majeure partie des français, Christophe est l’interprète d’Aline, des mots bleus, de succès fou voire de Senorita. Ces titres ont la particularité d’être construits sur une mélodie entêtante et d’avoir fait danser nombre de couples dans des soirées où très vite, les lèvres, encore humides de quelques boissons sucrées/alcoolisées , se scellèrent  en un long baiser gage de plus amples voluptés.

Christophe, pour un public plus réduit en effectifs, est aussi l’auteur/interprète de quelques chansons sublimes dont l’album Le Beau Bizarre est le phare étincelant.

Et puis, il y a un public plus confidentiel, qui un jour a acheté, pour des raisons plus ou moins claires, un album ayant pour nom celui que l’artiste porte à l’état civil : Belivacqua. C’est sobre et porteur d’aucune indication sur ce que peut offrir la galette argentée. Ce public a donc glissé dans son lecteur CD l’album Bevilacqua et là, un choc a frappé l’auditeur. A l’écoute, Bevilacqua est un ovni musical : richesses sonores rarement offertes sur ce type de support, un son d’une beauté absolue et une ambiance qui très vite se révèle être les bruissements et mélopées qui hante l’esprit d’un génial bidouilleur de son et véritable poète. Après écoute, le titre est moins mystérieux qu’il n’y parait : le disque offre à entendre l’habillage sonore qui résonne dans la tête de Christophe, ce disque, c’est Christophe !

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Christophe collectionne depuis longtemps les synthétiseurs. Avec ces instruments, il crée des sons, les tritures, leur donne de l’écho, les compresse, ajoute des filtres, les étire, les accélère et mélange le tout pour essayer de traduire et matérialiser ces vagues invisibles qui nous accompagnent de l’intérieur et se nourrissent du monde qui nous entoure et dans lequel nous puisons allégrement détails et couleurs, sons et chaleur. Christophe mélange le son des instruments et des sons du monde extérieur : des moteurs, des oiseaux, divers bruits et des voix… je pense alors à Isabella Rossellini. Christophe, depuis l’album Bevilacqua, suivi de Comm’ si la terre penchait  et de Aimer ce que nous sommes  est devenu un artiste majeur qui sème dans le paysage musical des compositions exigeantes, troublantes et qui cassent le modèle traditionnel de la chanson… mais ce ne sont plus des chansons, ces compositions sont autre chose et, en ce sens, elles possèdent cette part de modernité, d’avant-gardisme et de prototype qui les rend à tout jamais hors mode et intemporelles. La sortie du récent Paradis retrouvé qui compile des maquettes et compo non utilisées pour des albums est un magistral don pour comprendre le processus de création de Christophe et son rapport aux sonorités.

Pub MK intL’artiste est complexe. Cette particularité crée une impression bizarre en concert : le public est certes composite mais la grande majorité de ce public de concert semble être venu pour Aline ou les mots bleus. Il y a comme une sorte de déphasage entre ce qu’a produit Christophe, il y a 30 ans, et ce qu’il est devenu depuis 1996.  Est-ce le bon public ? Es-ce le bon concert ? Est-ce le même artiste ? L’interrogation légitime est toutefois dénuée de pertinence à la réflexion. D’une part, des chansons comme Aline ou les mots bleus, compositions originales, possèdent leur beauté et envoûtent par la justesse des mots collés à la musique, d’autre part, toutes les compositions de Christophe possèdent au moins deux points communs : la sensibilité de l’artiste qui se dégage des compositions et la voix de Christophe. Cette voix a son importance : elle grimpe dans les aigus, parait fragile et prête à fuir mais elle reste et s’entortille au son des instruments acoustiques et des synthés pour jouer à cache-cache : tantôt mêlée aux autres sons, tantôt au dessus d’eux mais toujours reconnaissable. Qu’est ce que tu dis là et Ces petits luxes restent des titres gravés à tout jamais dans ma tête… Champagne Christophe !

Faire des photos de concert est une chose compliquée : la lumière est limitée,ChristB le public peut gêner la prise de vue et l’artiste ne pose pas. Il faut rendre compte de son univers de scène mais aussi de sa propre vision de l’artiste en concert. Toutefois, la photo de concert offre la possibilité de rattraper des défauts d’une photo qui, en d’autres circonstances, auraient été rédhibitoires. En concert, le flou, la saturation de couleurs peuvent offrir de bons clichés. Toutes les photos de ce « shooting » ont été réalisées à l’occasion d’un seul concert donné le jour de l’anniversaire de l’artiste. Concert suivi d’une séance de signature. Encore un sujet intéressant pour le photographe.

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Notre-Dame de La-Treille / Cathédrale de contraste

Notre-Dame de la Treille est la cathédrale de Lille. De la sainte-chapelle à la Nla78façade principale de l’édifice, une succession de styles, d’impressions, de clairs et d’obscurs s’offre aux visiteurs. J’aime cette cathédrale car, en dépit de son caractère récent (1854), elle possède une atmosphère, un quelque chose qui rassure et donne l’impression que cette maison est celle de tous. Ce lieu est doté d’un système de chauffage et d’éclairage à la fois moderne, élégant et photogénique. La cathédrale est parcourue de lignes de couleur qui lui donnent un air joyeux et accueillant. Bien entendu, la façade moderne suscite des avis contrastés pour son aspect extérieur. Mais l’aspect intérieur de cette façade est une réussite exceptionnelle : la lumière traverse le mur et se répand dans l’édifice. Cette cathédrale contient en son sein bien des surprises, des beautés… Elle possède ce charme et cet "indicible sacré" qui donne à chaque objet, à chaque être une dimension supérieure.

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Vous trouverez un très bon article sur cette cathédrale à l’adresse suivante :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame-de-la-Treille_de_Lille

 

 

Enfin, je vous conseille cette très vielle vidéo montrant l’animation de Lille 3000 sur la façade de la cathédrale Notre Dame de La Treille, un incroyable et poétique morphing :

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Bailleul, Mémoire de Pierres en péril

Il y a des statistiques décourageantes pour les touristes et les offices de tourisme. Des chiffres qui d’un coup provoquent une sorte de répulsion ou de fatale indifférence. Ville détruite à 98 % après la première Guerre mondiale ! Ce chiffre ne laisse présager rien de bon. On se demande si un « après » est possible, ou du moins, si le devenir de cette ville martyre vaut le coup d’œil. Une telle dévastation a pour corollaire immédiat la nécessité de déblayer les gravas et de reconstruire au plus vite et au moindre coût, les moyens étant limités. Vite et pas cher, en architecture et urbanisme cela implique souvent de sacrifier l’esthétique à l’utile, le durable à un provisoire qui s’étire dans le temps et vieillit mal.

Bailleul intC’est avec cette abominable statistique que je me suis laissé convaincre de prendre un billet de train pour me rendre à Bailleul, dans le Nord de la France. Tout occupé à méditer sur les conséquences dévastatrices d’une destruction à 98 %, j’ai oublié de prendre en compte un paramètre important : l’époque où a eu lieu cette dévastation de la ville par les bombes. Bailleul est une ville meurtrie par la Première guerre mondiale…. Coup de chance, si on peut dire, car à cette époque, les reconstructions se faisaient soit dans le plus pur style des années 20, style Art déco ; soit avec la volonté de restaurer une ville dans l’esprit de ce qui fut. La ville de Reims est un exemple parfait de cette logique. Terriblement détruite au cours de la Première guerre mondiale, elle présente aujourd’hui le visage d’une ville principalement Art déco, et à ce titre, superbe. Bailleul a connu le même sort mais elle n’a pas été reconstruite dans le style Art déco. Elle a bénéficié d’un mouvement en vogue : le néo régionalisme. La ville offre au regard un style "Néo-flamand" qui, à sa manière, retisse un lien avec ce qui existait avant la guerre. Le résultat obtenu est une réussite architecturale : la ville est belle, pimpante, agréable et stimulante par la diversité des façades, des couleurs et des matériaux utilisés.

Bailleul possède aussi son cimetière. C’est assez logique, même en temps de paix, on y meurt comme partout en France. Le cimetière de Bailleul est un cimetière intéressant par les différents visages qu’il peut offrir au visiteur et par l’intérêt de nombreuses tombes. Un cimetière est le lieu de mémoire d’un territoire. Pour connaître Bailleul et son passé, difficile d’ignorer son cimetière.

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Le cimetière de Bailleul est trois cimetières en un seul :

- Cimetière romantique où se côtoient les plus vieilles tombes (19ème et début 20ème siècle) : ici les monuments funéraires se singularisent par la diversité des formes et l’entremêlement avec une nature vigoureuse qui habille de nombreuses stèles et caveaux d’un manteau de lierre. Cette partie du cimetière témoigne aussi de la tragédie de la Première guerre mondiale : impacts de balles et d’obus sur les tombes ; stèles rappelant que des hommes, des femmes et des enfants furent arrachés Cba28brutalement à la vie par une explosion, un tir assassin, une mort soudaine, injuste et précoce… La nature se mêle souvent aux tombes et donne à l’ensemble un aspect que le romantisme n’aurait pas renié. Il y a là, un air du cimetière Saint-Marx de Vienne : quelque chose hors du temps. Le cimetière de Bailleul mérite bien, pour sa partie romantique, le rapprochement avec le cimetière viennois où reposent, dans le plus grand anonymat, les restes de Mozart.

- Cimetière moderne où des « vagues » de monuments funéraires semblent figer dans la mortCba33 l’incroyable ennui d’une société moderne où tout est produit à l’identique. Ces « vagues » sont des alignements de monuments funéraires en marbre lisse et sans personnalité qui étalent leur morne monotonie. Les occupants les plus récents du cimetière se trouvent dans cet espace où, parfois, surgit une pointe d’originalité… difficile de rendre sans relief certains individus, tel cet artiste aux chats savants….

- Cimetière militaire où les alignements de stèles et de croix rappellent qu’ici reposent les cendres de jeunes hommes morts pour la défense de la liberté et morts broyés par un système implacable, celui des Etats qui se cherchent querelle pour des possessions, des ambitions qui toutes oublient le bien le plus précieux, le plus désirable, celui que l’on ne peut pas acheter : la vie humaine. Cette partie du cimetière, par la sobriété classique de son ordonnancement, procure un sentiment de paix et de beauté épurée.

Cba39Le cimetière de Bailleul possède en son sein un calvaire remarquable par l’impact visuel qu’il offre aux visiteurs et le lien qui l’unit aux différentes chapelles qui composent un chemin de croix symbolique. Ce calvaire est aussi la représentation auprès de laquelle plusieurs générations de mortels ont souhaité placé leurs restes terrestres. Cette proximité avec le christ en croix est un choix que tout vivant se doit de respecter quelle que soit sa croyance. Comment imaginer que la génération présente puisse renier, interdire et moquer ce que les générations précédentes ont voulu pour elles même. Au nom de quelle légitimité serait-il possible de dire ce qui  est bon, ce qui est vrai, ce qu’il convient aux autres et aux morts ? Cette question taraude le visiteur du cimetière de Bailleul lorsqu’il apprend que ce calvaire pourrait être détruit alors que des travaux de maçonnerie, assurément moins couteux que bien des dépenses futiles mais à la mode, permettraient de sauvegarder cet élément de patrimoine chargé de symboliques et vasteCba42 ordonnateur d’une logique cultuelle mais aussi culturelle au sein de ce cimetière. Déjà, de nombreuses chapelles ont été détruites, vaincues moins par le temps que par l’inaction et l’indifférence des hommes ; déjà de nombreuses chapelles menacent ruine : leurs murs lézardés, leurs toits éventrés exhibent à notre regard notre incurie, la même qui permit la destruction de Cluny ou celle de nombreux hôtels particuliers du 17ème siècle au cœur de Paris…

Heureusement, aux pires heures de l’histoire où l’être humain oublie ses racines et ne songe plus à ce qu’il va transmettre aux générations futures, des individus surgissent de la foule pour défendre, protéger et alerter. Il y a, à toutes époques, des Alexandre Lenoir et des Prosper Mérimée. A Bailleul, une association courageuse et dynamique s’est saisie de la question de la sauvegarde du cimetière.  L’association Kerk-Hof, par son action, donne à la ville de Bailleul et aux bailleulois l’opportunité de conserver et valoriser ce lieu de mémoire que constitue le cimetière de la ville. Des actions de préservation des chapelles et des tombes sont conduites, l’histoire des personnes inhumées est désormais à la portée de tous. J’ai eu la chance, pour ce Arnaud11Intreportage photo, de visiter le cimetière avec l’un des membres de cette association : Arnaud Schoonheere. Je le remercie pour toutes les anecdotes sur les défunts et les explications sur les symboles ornant les pierres tombales qu’il m’a données lors de cette visite passionnante. N’hésitez pas à visiter le site internet de l’association ( http://kerk-hof.overblog.com/ ), vous y trouverez une riche documentation sur ce lieu de mémoire et vous serez informé de l’actualité concernant ce cimetière, lequel devient la page d’un livre d’histoire de la ville.CB110

Le cimetière de Bailleul ne se singularise pas par la profusion de tombes remarquables comme le bien nommé Cimitero Monumentale de Milan, même s’il possède quelques tombes monumentales, ni par la profusion de personnalités inhumées comme le Père Lachaise de Paris, même s’il possède quelques célébrités. Le cimetière de Bailleul se singularise par l’impression qu’il fait naître lors de sa visite ; l’impression de visiter un lieu serein, romantique et comme parcouru par une force invisible. Indéniablement ce cimetière regroupe les restes de personnes qui ont eu une forte personnalité et souvent une grande générosité dans la vie et pour les autres. Difficile de traduire dans les mots le ressenti. Une chose est sûre, le lieu mérite visite.

Cba107Enfin, il convient de signaler que le cimetière de Bailleul accueille la tombe de Léona Delcourt. Cette femme morte à 39 ans, inspira à André Breton le livre « Nadja ». Léona Delcourt est Nadja ! Cette œuvre considérée comme l’un des chef-d’œuvre du surréalisme entretient avec le cimetière de Bailleul un lien intemporel et organique. Les ancêtres de Marguerite Yourcenar reposent aussi dans le cimetière de Bailleul. Pour celle et ceux qui ont lu « Le Labyrinthe du monde » et apprécié à quel point Marguerite Yourcenar a ressuscité les grandes ombres de sa famille, une certaine émotion naît au croisement des tombes de la famille Cleenewerck de Crayencour. Dans le tombeau familial reposent notamment Michel Charles, le grand-père paternel deCba12 Marguerite Yourcenar ainsi que Berthe, la première épouse du père de l’auteur de « Mémoire d’Hadrien ». Marguerite Yourcenar écrivit qu’« une sorte de lien s’établit ainsi entre Berthe et moi », un lien post mortem. En effet, la mort de la première femme de Michel Cleenewerck de Crayencour rendit possible un remariage avec celle qui deviendra la mère de Marguerite Yourcenar. La naissance de cette dernière a donc été rendue possible par le décès inopiné de cette femme prénommée Berthe qui repose pour l’éternité dans le cimetière de Bailleul.

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Bonne visite au cimetière de Bailleul et pour les personnes qui souhaitent soutenir l’action de l’association Kerk-Hof n’hésitez pas à les contacter via leur site internet (http://kerk-hof.overblog.com/ ).

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Soleil et étamines

Enfin, il est là, bien présent ! Le soleil brille et brûle. Le soleil badigeonne de couleurs chaudes la ville et la campagne, les individus et les animaux. C’est l’été. Les fleurs enfin se délectent aussi de sa chaleur. Les pétales filtrent la lumière solaire et, pour peu que ces pétales soient de couleurs orangées, un feu incandescent se déverse dans la fleur. De cette lave orangée, de ce feu qui ne craint pas l’eau jaillissent des étamines, comme des étendards qui offrent au dieu solaire la semence de la vie.

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J’ai fait une série de photos aux alentours de midi. Une fleur de mon jardin recréait en son sein l’enfer solaire. Mais ici point de température à vaporiser le métal et réduire en poussière la pierre la plus dure, simplement de la lumière, de la couleur, les courbes et les stries des pétales, les lignes droites des étamines. Photos aux couleurs de l’été. Voici le spectacle de la fleur de feu !

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Fruits du matin d’un mois de juin sans soleil

Juin 2013 est le mois des pluies et des ciels gris. La nature est gorgée d’eau, d’un vert profond. La sève est partout. Les fruits hésitent à conserver leur manteau vert. Certains changent d’habits. Ils exhibent un tee-shirt jaune, orangé, un peu rouge ou simplement piqueté de rouge. L’absence de soleil ralentit le cycle de la nature. Difficile de murir loin des rayons chauds de l’astre solaire. La veille, une herbe haute a été coupée. Les lames de la tondeuses sont allées jusqu’à un beau griottier. Elles en ont fait le tour, pour dégager son accès et rendre la future cueillette des fruits possible. Les griottes de cet arbre ont un goût légèrement amer. Elles se laissent manger avec une pointe de gourmandise. Hélas, pas question, en ce qui me concerne, de cueillir des fruits. Pas assez mûrs.

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Ce griottier, par ce vilain temps de juin, éveille en moi le souvenir d’une lecture lointaine ; celle d’un livre de Bertrand Visage dans lequel l’auteur décrivait un paysage matinal du Berry. Cette description avait fait naître dans ma tête l’image d’une campagne vaillante et rafraichissante. C’est exactement cette impression qui renaissait à la proximité de ce griottier : une nature pétante de santé car pleine de sève et rassasiée d’eau, une impression de fraîcheur apaisante et le sentiment d’une vie saine et prête à se parer de couleurs.

Déjà, des couleurs mouchetaient le beau vert des feuilles de l’arbre sous la forme de touches rondes multiples et variées. Les griottes présentaient un degré d’avancement divers dans leur course au rouge profond. Le vert tendre, le jaune, l’orange, et des Flyer SQSB Livresnuances plus sanguines constellaient l’arbre. Une pluie récente venait de nettoyer, si besoin en était, feuilles et fruits. L’effet de cette pluie récente était inattendu. Les griottes me semblaient badigeonnées d’une couche de sucre transparent et brillant. Elles ressemblaient à ses pommes d’amour vendues dans les fêtes foraines. Alors, j’ai pris mon appareil photo, et je me suis amusé à prendre au piège le beau spectacle offert par ce griottier pimpant !