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Le MyZeil de Francfort/main : temple des reflets et de la lumière

22Le MyZeil, est un centre commercial moderne, qui fait partie intégrante du Palais-Quartier réhabilité au centre-ville de Francfort sur le Main. L’architecte romain Massimiliano Fuksas y a conçu des entrelacs d’acier, de verre, de métal, de plastique, d’escalators…

Le lieu, temple du commerce, est le monde des reflets, des images déformées ou revitalisées par des éclairages bruts et sophistiqués, naturels et artificiels. Monde des apparences, univers des reflets multiples, mise en abîme du consommateur face à sa propre image sublimée et pourtant réduite à peu de chose dans cet univers où se télescopent les reflets de milliers d’autres individus.

Quand le jour décline, les lumières artificielles se réveillent et parent le MyZeil de couleurs éclatantes, chaudes et brulantes même si derrière les mailles de métal se répand une nuit bleutée qui mêle ses couleurs froides au feu des rampes et des balcons du centre commercial. Le lieu se transforme presque en une scène de jeu vidéo tant les couleurs des néons se répandent avec allégresse. Il y a du Coppola là-dedans, un véritable « Coup de cœur » esthétique.

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Le lieu est décrit comme fonctionnel, rentable, lumineux, ouvert sur l’extérieur, espace de communication et de verticalité. Dans ce paysage de verre et de surfaces miroitantes le regard happe une multitude de scènes de vie : communications visuelles permanentes entre les différents niveaux de l’édifice.

Le volume intérieur du bâtiment est revêtu d’acier brûlé-poli. Les escalators, véritables escaliers de Piranèse, tracent des lignes droites qui se croisent et se superposent tandis que les courbes des balcons et le galbe des parois créent des espaces vivant qui semblent arrêtés dans leur respiration par le regard du spectateur-consommateur.

Tel est le MyZeil – « das Shopping-Center, Francfort, Allemagne ». Un monde rêvé pour les photographes.

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L’Homme au pistolet

L’homme au pistolet est un homme sans visage. Il s’apprête à franchir un pas irréversible : celui de la négation de son individualité par un retour au néant. Transgression ultime de l’instinct de vie, le suicide est un acte propre à l’espèce humaine. Le doigt posé sur la gâchette ; une pression d’un muscle, dernier acte de volonté et l’homme n’est plus. Déjà son visage a disparu avant même l’expulsion de la balle par le fut du canon. Déjà, par le choix fait et la mise en scène réalisée, l’homme a renoncé à ce qu’il était. Curieuse plongée dans le néant par un acte de liberté. Mais cet homme est-il libre de son choix ? Cet homme va-t-ilLTEI09 mourir en homme libre ou en homme acculé par un système ? par la maladie ?  par l’indifférence des autres ? Tout suicide porte en lui ces questions à jamais irrésolues. Ces questions obligent tout individu à ne pas se faire juge du suicidé. Les motivations de l’homme au pistolet resteront à jamais inconnues. Inutile de l’accuser de lâcheté ou de faire l’éloge de sa liberté. Notre jugement doit être celui de la société et de nous mêmes, les survivants. Pourquoi ? Car la société et les individus qui la composent portent en eux les germes mortels conduisant des individus à choisir le néant avant l’heure.

 

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Cette série de photographies a été utilisée pour illustrer un dossier sur les limites de la transgression sur le blog des Editions SansQu’ilSoitBesoin. Rassurez-vous, le modèle ne s’est pas suicidé. Il s’agit d’une démarche esthétique pour illustrer la transgression ultime.

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Apollon servi par les nymphes ou la sensualité du soleil

D04Le musée des beaux-arts d’Arras accueille jusqu’au 20 mars 2016 une exceptionnelle exposition intitulée « Arras vous fait sa cour » ou le château de Versailles en 100 chefs-d’œuvre. Cette exposition permet d’admirer l’œuvre originale de l’Apollon servi par les nymphes, constituée par 7 statuts de marbre dont la conception date de 1666 et l’exécution s’est finalisée avant 1677.

Apollon servi par les nymphes est le témoignage d’un temps des plaisirs, de la sensualité, de la jeunesse, des corps qui se dévoilent dans la beauté de leur forme et l’évocation des désirs. Rien de vulgaire, tout est délicatesse, caresses et ivresse. Apollon servi par les nymphes appartient à une période où les tabous n’interdisaient pas le dévoilement des corps y compris celui du Roi.

Ce magnifique groupe statuaire d’Apollon servi par les nymphes a été imaginé, conçu et réalisé par Charles et Claude Perrault, Charles de Brun, François Girardon et Thomas Regnaudin.

Grace au musée des beaux-arts d’Arras, les clichés de ces œuvres originales peuvent vous être présentés. La beauté de ces marbres est intemporelle mais oh combien fragile.

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Si vous souhaitez en savoir plus sur ce groupe statuaire, son histoire, sa conception, je vous invite à consulter l’article publié sur le site des Editions SansQu’ilSoitBesoin :

http://editionsqsb.wordpress.com/2014/12/20/apollon-servi-par-les-nymphes/

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PLAGES du NORD

A marée basse, les plages du Nord sont d’immenses étendues de sable fin. Elles juxtaposent des surfaces sablonneuses, des bandes d’océan à des ciels changeants, traversés de nuages et percés d’azur. Ce sont des plages de contraste : le scintillant et le lumineux se mêlent à l’obscure et au ternes grisailles d’un deuil inattendu. Plages immenses sur lesquelles s’éparpillent une population familiale, adolescente, joueuse et populaire. Il y fait bon faire des châteaux de sable, s’y allonger, déguster une glace italienne… Une forme de bien vivre, de simplicité répond à l’épure des lignes d’horizon.

Les plages du Nord sont bordées de dunes accessibles ou protégées et raison de la flore et de la faune qu’elles recèlent. Les plages du Nord sont une constante invitation au tourisme, à l’oubli du travail, des villes et du temps cadencé par de multiples contraintes.

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Ces plages déroulent leur langue de sable à l’infini et se moque des frontières. Le passage de la France à la Belgique défie les géomètres et cartographes. Nous sommes sur les rivages de la péninsule européenne. L’espace forme un grand tout, un ensemble cohérent. Au loin une arche monumentale abrite la statue géante de Léopold Ier. C’est bien la Belgique. La frontière est franchie et l’homme a du ériger un monument à la gloire de sa son passé, de sa nation, pour marquer son territoire national.

Les restaurants en bordure d’océan offrent des plats de circonstance : fruits de mer et poissons. La farniente enveloppe les corps et les esprits. Le bout des lèvres trempés dans un apéritif glacé, le touriste s’abandonne à la quiétude d’une journée ensoleillée. Nous sommes loin et près de chez nous. C’est le miracle du Nord-Pas-de-Calais : offrir un tel dépaysement en si peu de distance.

Bonne visite de ces plages superbes ! Les photos du diaporama ont été prises à Boulogne-sur-Mer, Dunkerque, Wimereux, Bray-les-Dunes, Le Panne et Ostende.

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Fleurs des Prés

Petite expo pour mettre en valeur de toutes petites fleurs jaillissant des herbes d’un petit pré… Elles sont comme des tâches de couleurs tombées ça et la. Leur forme est un échos aux rosaces des cathédrales. Nul doute que la nature a inspiré les architectes. Bref, vive la couleur !

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CHRISTOPHE, shooting en live

ChristAChristophe est un artiste dont tout le monde a plus ou moins entendu le nom et quelques refrains. Pour la majeure partie des français, Christophe est l’interprète d’Aline, des mots bleus, de succès fou voire de Senorita. Ces titres ont la particularité d’être construits sur une mélodie entêtante et d’avoir fait danser nombre de couples dans des soirées où très vite, les lèvres, encore humides de quelques boissons sucrées/alcoolisées , se scellèrent  en un long baiser gage de plus amples voluptés.

Christophe, pour un public plus réduit en effectifs, est aussi l’auteur/interprète de quelques chansons sublimes dont l’album Le Beau Bizarre est le phare étincelant.

Et puis, il y a un public plus confidentiel, qui un jour a acheté, pour des raisons plus ou moins claires, un album ayant pour nom celui que l’artiste porte à l’état civil : Belivacqua. C’est sobre et porteur d’aucune indication sur ce que peut offrir la galette argentée. Ce public a donc glissé dans son lecteur CD l’album Bevilacqua et là, un choc a frappé l’auditeur. A l’écoute, Bevilacqua est un ovni musical : richesses sonores rarement offertes sur ce type de support, un son d’une beauté absolue et une ambiance qui très vite se révèle être les bruissements et mélopées qui hante l’esprit d’un génial bidouilleur de son et véritable poète. Après écoute, le titre est moins mystérieux qu’il n’y parait : le disque offre à entendre l’habillage sonore qui résonne dans la tête de Christophe, ce disque, c’est Christophe !

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Christophe collectionne depuis longtemps les synthétiseurs. Avec ces instruments, il crée des sons, les tritures, leur donne de l’écho, les compresse, ajoute des filtres, les étire, les accélère et mélange le tout pour essayer de traduire et matérialiser ces vagues invisibles qui nous accompagnent de l’intérieur et se nourrissent du monde qui nous entoure et dans lequel nous puisons allégrement détails et couleurs, sons et chaleur. Christophe mélange le son des instruments et des sons du monde extérieur : des moteurs, des oiseaux, divers bruits et des voix… je pense alors à Isabella Rossellini. Christophe, depuis l’album Bevilacqua, suivi de Comm’ si la terre penchait  et de Aimer ce que nous sommes  est devenu un artiste majeur qui sème dans le paysage musical des compositions exigeantes, troublantes et qui cassent le modèle traditionnel de la chanson… mais ce ne sont plus des chansons, ces compositions sont autre chose et, en ce sens, elles possèdent cette part de modernité, d’avant-gardisme et de prototype qui les rend à tout jamais hors mode et intemporelles. La sortie du récent Paradis retrouvé qui compile des maquettes et compo non utilisées pour des albums est un magistral don pour comprendre le processus de création de Christophe et son rapport aux sonorités.

Pub MK intL’artiste est complexe. Cette particularité crée une impression bizarre en concert : le public est certes composite mais la grande majorité de ce public de concert semble être venu pour Aline ou les mots bleus. Il y a comme une sorte de déphasage entre ce qu’a produit Christophe, il y a 30 ans, et ce qu’il est devenu depuis 1996.  Est-ce le bon public ? Es-ce le bon concert ? Est-ce le même artiste ? L’interrogation légitime est toutefois dénuée de pertinence à la réflexion. D’une part, des chansons comme Aline ou les mots bleus, compositions originales, possèdent leur beauté et envoûtent par la justesse des mots collés à la musique, d’autre part, toutes les compositions de Christophe possèdent au moins deux points communs : la sensibilité de l’artiste qui se dégage des compositions et la voix de Christophe. Cette voix a son importance : elle grimpe dans les aigus, parait fragile et prête à fuir mais elle reste et s’entortille au son des instruments acoustiques et des synthés pour jouer à cache-cache : tantôt mêlée aux autres sons, tantôt au dessus d’eux mais toujours reconnaissable. Qu’est ce que tu dis là et Ces petits luxes restent des titres gravés à tout jamais dans ma tête… Champagne Christophe !

Faire des photos de concert est une chose compliquée : la lumière est limitée,ChristB le public peut gêner la prise de vue et l’artiste ne pose pas. Il faut rendre compte de son univers de scène mais aussi de sa propre vision de l’artiste en concert. Toutefois, la photo de concert offre la possibilité de rattraper des défauts d’une photo qui, en d’autres circonstances, auraient été rédhibitoires. En concert, le flou, la saturation de couleurs peuvent offrir de bons clichés. Toutes les photos de ce « shooting » ont été réalisées à l’occasion d’un seul concert donné le jour de l’anniversaire de l’artiste. Concert suivi d’une séance de signature. Encore un sujet intéressant pour le photographe.

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Notre-Dame de La-Treille / Cathédrale de contraste

Notre-Dame de la Treille est la cathédrale de Lille. De la sainte-chapelle à la Nla78façade principale de l’édifice, une succession de styles, d’impressions, de clairs et d’obscurs s’offre aux visiteurs. J’aime cette cathédrale car, en dépit de son caractère récent (1854), elle possède une atmosphère, un quelque chose qui rassure et donne l’impression que cette maison est celle de tous. Ce lieu est doté d’un système de chauffage et d’éclairage à la fois moderne, élégant et photogénique. La cathédrale est parcourue de lignes de couleur qui lui donnent un air joyeux et accueillant. Bien entendu, la façade moderne suscite des avis contrastés pour son aspect extérieur. Mais l’aspect intérieur de cette façade est une réussite exceptionnelle : la lumière traverse le mur et se répand dans l’édifice. Cette cathédrale contient en son sein bien des surprises, des beautés… Elle possède ce charme et cet « indicible sacré » qui donne à chaque objet, à chaque être une dimension supérieure.

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Vous trouverez un très bon article sur cette cathédrale à l’adresse suivante :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame-de-la-Treille_de_Lille

 

 

Enfin, je vous conseille cette très vielle vidéo montrant l’animation de Lille 3000 sur la façade de la cathédrale Notre Dame de La Treille, un incroyable et poétique morphing :

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