CHRISTOPHE, shooting en live

ChristAChristophe est un artiste dont tout le monde a plus ou moins entendu le nom et quelques refrains. Pour la majeure partie des français, Christophe est l’interprète d’Aline, des mots bleus, de succès fou voire de Senorita. Ces titres ont la particularité d’être construits sur une mélodie entêtante et d’avoir fait danser nombre de couples dans des soirées où très vite, les lèvres, encore humides de quelques boissons sucrées/alcoolisées , se scellèrent  en un long baiser gage de plus amples voluptés.

Christophe, pour un public plus réduit en effectifs, est aussi l’auteur/interprète de quelques chansons sublimes dont l’album Le Beau Bizarre est le phare étincelant.

Et puis, il y a un public plus confidentiel, qui un jour a acheté, pour des raisons plus ou moins claires, un album ayant pour nom celui que l’artiste porte à l’état civil : Belivacqua. C’est sobre et porteur d’aucune indication sur ce que peut offrir la galette argentée. Ce public a donc glissé dans son lecteur CD l’album Bevilacqua et là, un choc a frappé l’auditeur. A l’écoute, Bevilacqua est un ovni musical : richesses sonores rarement offertes sur ce type de support, un son d’une beauté absolue et une ambiance qui très vite se révèle être les bruissements et mélopées qui hante l’esprit d’un génial bidouilleur de son et véritable poète. Après écoute, le titre est moins mystérieux qu’il n’y parait : le disque offre à entendre l’habillage sonore qui résonne dans la tête de Christophe, ce disque, c’est Christophe !

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Christophe collectionne depuis longtemps les synthétiseurs. Avec ces instruments, il crée des sons, les tritures, leur donne de l’écho, les compresse, ajoute des filtres, les étire, les accélère et mélange le tout pour essayer de traduire et matérialiser ces vagues invisibles qui nous accompagnent de l’intérieur et se nourrissent du monde qui nous entoure et dans lequel nous puisons allégrement détails et couleurs, sons et chaleur. Christophe mélange le son des instruments et des sons du monde extérieur : des moteurs, des oiseaux, divers bruits et des voix… je pense alors à Isabella Rossellini. Christophe, depuis l’album Bevilacqua, suivi de Comm’ si la terre penchait  et de Aimer ce que nous sommes  est devenu un artiste majeur qui sème dans le paysage musical des compositions exigeantes, troublantes et qui cassent le modèle traditionnel de la chanson… mais ce ne sont plus des chansons, ces compositions sont autre chose et, en ce sens, elles possèdent cette part de modernité, d’avant-gardisme et de prototype qui les rend à tout jamais hors mode et intemporelles. La sortie du récent Paradis retrouvé qui compile des maquettes et compo non utilisées pour des albums est un magistral don pour comprendre le processus de création de Christophe et son rapport aux sonorités.

Pub MK intL’artiste est complexe. Cette particularité crée une impression bizarre en concert : le public est certes composite mais la grande majorité de ce public de concert semble être venu pour Aline ou les mots bleus. Il y a comme une sorte de déphasage entre ce qu’a produit Christophe, il y a 30 ans, et ce qu’il est devenu depuis 1996.  Est-ce le bon public ? Es-ce le bon concert ? Est-ce le même artiste ? L’interrogation légitime est toutefois dénuée de pertinence à la réflexion. D’une part, des chansons comme Aline ou les mots bleus, compositions originales, possèdent leur beauté et envoûtent par la justesse des mots collés à la musique, d’autre part, toutes les compositions de Christophe possèdent au moins deux points communs : la sensibilité de l’artiste qui se dégage des compositions et la voix de Christophe. Cette voix a son importance : elle grimpe dans les aigus, parait fragile et prête à fuir mais elle reste et s’entortille au son des instruments acoustiques et des synthés pour jouer à cache-cache : tantôt mêlée aux autres sons, tantôt au dessus d’eux mais toujours reconnaissable. Qu’est ce que tu dis là et Ces petits luxes restent des titres gravés à tout jamais dans ma tête… Champagne Christophe !

Faire des photos de concert est une chose compliquée : la lumière est limitée,ChristB le public peut gêner la prise de vue et l’artiste ne pose pas. Il faut rendre compte de son univers de scène mais aussi de sa propre vision de l’artiste en concert. Toutefois, la photo de concert offre la possibilité de rattraper des défauts d’une photo qui, en d’autres circonstances, auraient été rédhibitoires. En concert, le flou, la saturation de couleurs peuvent offrir de bons clichés. Toutes les photos de ce « shooting » ont été réalisées à l’occasion d’un seul concert donné le jour de l’anniversaire de l’artiste. Concert suivi d’une séance de signature. Encore un sujet intéressant pour le photographe.

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Une réflexion sur “CHRISTOPHE, shooting en live

  1. Le commentaire est juste, avec un bémol pour ce spectacle. J’ai écrit un très long billet sur le spectacle du 13. Client de la formule piano voix guitare voix. Le son est sa passion et c’est une autre approche minimaliste. Très réussie. Oú je trouve l’affaire limite, c’est justement la partie machines. Il pouvait faire un truc novateur et retravailler des arrangements en profondeur: à plus de 50%, il envoie ses samples studio et ne donne pas une relecture. C’est de la bande orchestre et pas assumée. En plus, il se planté dans ses envois et ne joue pas de synthé ou de beatbox. Il envoie des pistes pré enregistrées le plus souvent. A 100€ la place, c’est limite de la correction ou pire…

    Il pouvait très bien utiliser ses « machines » en live, ce que fait Lockwood. Et faire une vraie revisite de ses titres différente chaque soir. Ben non, c’est du Play-Back orchestral cette partie. Il peut nous appuyer sur son looper, il n’envoie que des choses déjà construites.

    C’est ce côté frimeur technique qui me fait dire que ce concert n’est pas ce que l’on pouvait attendre d’un amoureux et d’un créateur de son comme l’est Christophe. En gros, qu’il ne s’est pas foulé et qu’il fait un intime tour juste pour faire un plateau hyper rentable (pas de zycos, juste 4-5 technicos). Au bout d’un moment, il faut dire que c’est juste une question de fric ! La tournée post Olympia n’a probablement pas eu le rendement financier espéré et Caramba lui arrange le truc.

    Je suis du métier et je connais les ficèles. Ce mec est bourré de talent, mais il se plante en utilisant mal la technique. D’une façon dépassée ou trop conservatrice. Ce que son guitariste ne fait pas avec sa throat box.

    J’avais vu Marigny et je n’avais rien voulu écrire me disant qu’il allait faire évoluer. Ben non … Il se contente d’assurer ! Ce n’est pas ce que j’attends de lui: qu’il ose, qu’il innove.

    Le 13, il ne semblait pas très clair sur scène et il s’est pas mal emmêlé les pinceaux. Si tu la joues technique à fond, il faut que ce soit fluide. Fluide en piano ou guitare voix, le reste effet vodka ou Tanger.

    Il ne faut jamais idolâtrer un Artiste. Ferré a aussi mal construit des récitals, mais c’était un mec qui se remettait en question. Christophe semble ne plus trop vouloir prendre de risques et c’est plus devenu plus forme que fond. Les deux derniers albums laissaient espérer une belle créativité. Dommage

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